PENSER EN LANGUES – IN SPRACHEN DENKEN

3ème Rencontre de traducteurs en sciences humaines et sociales

Cerisy-la-Salle // Paris, 22. bis 26. Mai 2017


Lundi, 22 mai 2017

A partir de 19h: Accueil des participants / Présentation du centre et des colloques

Mardi, 23 mai 2017

9h-9h30 Maja Pflüger (Fondation Robert Bosch): Mot d’accueil

9h30-11h Isabelle Alfandary : Penser en langues : y a-t-il une pensée française?

11h15-12h30 Pierre Rusch : Merleau-Ponty, lecteur de Max Weber et Georg Lukacs

ATELIERS (14h-17h30)

Arthur Lochmann / Matthieu Dumont : La tache [sic] du traducteur : politiques et pratiques de la N.d.T.

Dragica Stix / Charles de Roche : Poetik, Rhythmus, Psychoanalyse und der Diskurs des ‚infans‘

A partir de 20h30: Festival « Jazz sous les pommiers » à Coutances

Mercredi, 24 mai 2017

9h-10h30 Jürgen Ritte : Sinn oder Buchstabe – Was vermitteln Übersetzer?

11h-12h30 Françoise Wuilmart : Violenter la langue-cible sans la violer ou le transfert bien dosé à l’exemple de Ernst Bloch

ATELIERS (14h-17h30)

Michael Auer / Johannes Kleinbeck / Michael Levine : Qu’est-ce qu’une traduction relevante

Lambert Barthélémy : Traduire : une solidarité

 

Jeudi, 25 mai 2017

9h-10h30 Hans T. Siepe : übersetzt von … ein unscheinbarer Held in der Literatur

11h-12h30 Rokus Hofstede : Bruno Latour: L’hybridité stylistique et sa traduction

15h-17h Jean-René Lassalle : Aux polyglottes imparfaits de Babel

A partir de 21h: Lecture Oswald Egger

Vendredi, 26 mai 2017

9h30 – 10h30 Franziska Humphreys : Perspectives

11h-12h Conclusion générale

Départs pour Paris

19h Soirée de clôture à l’Institut Goethe à Paris (ouvert au public)

 


CONFERENCES

Isabelle Alfandary (Paris 3 – Sorbonne Nouvelle / Collège de philosophie) : Penser en langues : y a-t-il une pensée française?
Cette conférence visera à déconstruire les enjeux de ce que certains appellent French theory d’un vocable en anglais. Il s’agira d’interroger le rapport singulier de la philosophie française à la langue dans laquelle elle s écrit depuis Descartes et d’examiner plus spécifiquement le rapport que des philosophes français post-structuralistes (Deleuze, Foucault, Derrida, Lyotard) entretiennent à leur langue maternelle, la place de la langue et du langage dans leurs œuvres, la mise au travail des ressources du français dans leurs élaborations conceptuelles.

Rokus Hofstede : Bruno Latour: L’hybridité stylistique et sa traduction
Dans Face à Gaia. Huit conférences sur le nouveau régime climatique (2015), Bruno Latour, sociologue et philosophe, mène une réflexion autour de la mutation écologique que nous sommes en train de vivre. Se tournant plus spécifiquement vers le concept d’Anthropocène et les sciences du système Terre développées sous l’impulsion de James Lovelock (auteur de la fameuse ‚Hypothèse de Gaïa‘), Latour défend dans ce livre un changement de paradigme, qu’il résume lui-même comme ‚l’étrange projet de me tourner vers Gaïa‘. On essayera d’analyser les tenants et les aboutissants stylistiques de cette défense (notamment l’hybridité stylistique, l’inventivité conceptuelle, le sous-texte polémique et certaines formes de subjectivation du discours). On se propose de prendre appui sur les façons dont Latour lui-même analyse l’oeuvre de Lovelock mais aussi celles de Galilée en de Pasteur, en mêlant enjeux scientifiques et dimensions rhétoriques. Finalement on voudrait, dans le contexte d’une traduction en cours vers le néerlandais, faire état des éventuelles conséquences traductives de cette analyse.

Jean-René Lassalle : Aux polyglottes imparfaits de Babel
Un double programme présentant l’art du langage sous l’aspect du multilinguisme, avec une conférence suivie d’une lecture de poésie. La première partie mène dans une brève histoire du tressage des langues dans la poésie mondiale, qui a toujours existé, dans des situations différentes (diglossies ou monolinguismes dominants), avec des motivations psychologiques diverses pour les poètes (acquérir la langue de l’autre, prendre part à un cosmopolitisme planétaire), et qui s’accentue avec l’interconnexion mondiale actuelle (vers des hétéroglossies complexes à la traduction). La deuxième partie est une lecture de ma poésie expérimentale de base française entretissée d’autres idiomes (anglais, allemand, etc.), résultant sans doute d’un déracinement géographique de l’auteur, mais aussi considérant la poésie comme un art humain du langage, espérant peut-être atteindre un tronc commun des langues plus profond, motif d’une danse de la pensée.

Jürgen Ritte (Paris 3 – Sorbonne Nouvelle) : Sinn oder Buchstabe – Was vermitteln Übersetzer?

Pierre Rusch (Université Paris-Dauphine /PSL) : Merleau-Ponty, lecteur de Max Weber et Georg Lukacs
La réception de Max Weber, comme celle de beaucoup des classiques de la sociologie allemande, s’est faite en France d’une manière problématique. Avant même d’être traduit, il a été lu et mobilisé par des auteurs français dans des stratégies théoriques spécifiques. Ainsi, Maurice Merleau-Ponty a utilisé le sociologue allemand dans le contexte de sa propre mise au point avec le marxisme. J’essaierai dans mon intervention de montrer comment la figure du jeune Lukacs, l’auteur d’Histoire et conscience de classe, a servi de médiateur dans cette opération, influençant parfois à l’insu de Merleau-Ponty lui-même, la première reconstruction française de la pensée wébérienne.

Prof. Dr. Hans T. Siepe (Universität Düsseldorf) :  übersetzt von … ein unscheinbarer Held in der Literatur
Die oftmals vergessenen und vielfach auch unsichtbaren Übersetzer sind in jüngster Zeit vielfach in literarischen Texten in den Blick gekommen. Wenn dabei  die Literaturübersetzer im Vordergrund stehen, werden doch auch allgemein das Übersetzen und die Rolle des Übersetzers angesprochen.

Bernd Schwibs : Über die deutsche Rezeption von Didier Eribons Rückkehr nach Reims
Didier Eribons Retour à Reims / Rückkehr nach Reims ist in vielfacher Hinsicht – aus rezeptions- wie übersetzungsspezifischer Perspektive – ein bemerkenswertes Buch: In Vortrag und Diskussion soll den möglichen Gründen für den seit langem beispiellosen Erfolg eines Buches in Deutschland nachgegangen werden, das nicht nur eine Übersetzung aus dem Französischen darstellt, sondern in weiten Teilen und grundlegend soziologisch argumentiert, und zwar explizit aus einer Bourdieuschen Perspektive. Im Zentrum der Analyse und Diskussion soll die Rezeption des Buches in den deutschen Medien (und mögliche Differenzen zur französischen) stehen. Möglicherweise ergeben sich daraus Aufschlüsse über generelle Rezeptionsmechanismen übersetzter Werke.

Françoise Wuilmart (C.E.T.L.) : Violenter la langue-cible sans la violer ou le transfert bien dosé. À l’exemple de la traduction du Principe Espérance de Ernst Bloch
Toute avancée de la pensée passe par une modification du rapport à son expression dans la langue : l’idée de lui faire violence, d’en enfreindre les règles pour repousser les limites de l’une et de l’autre est inhérente à bien des penseurs allemands, qu’il s’agisse de Heidegger ou, dans ce cas-ci, de Ernst Bloch. La langue allemande, d’une très grande plasticité, se prête tout particulièrement aux bouleversements linguistiques nécessaires à l’expression de concepts radicalement nouveaux.
L’écriture blochienne est un néo-logisme par excellence, avec son projet de renouveler la langue en jetant par-dessus bord les connotations sclérosantes et stérilisantes, pour redonner aux mots leur sens premier et leur énergie vitale. Tournant le dos à la tradition des utopies abstraites, Bloch observe et tente de décrire un monde en devenir encore plein de zones d’ombre. Il refuse de clore et de figer dans la parole le flux dialectique de son objet. Le lexique blochien est donc soucieux de dénoter de manière concrètement suggestive et allusive, sans enfermement prématuré du concept qu’il est encore impossible de cerner.

ATELIERS

La tache [sic] du traducteur : politiques et pratiques de la N.d.T.
Arthur Lochmann / Matthieu Dumont
Constat d’échec, aveu d’impuissance, béquille exégétique, ou bien mal nécessaire, point d’appui, main tendue au lecteur ? À chaque fois qu’il macule le texte d’une note, le traducteur, consciemment ou non, prend position entre le pôle de son ignorance et celui de son  « savoir ». En ce sens, la note du traducteur en sciences humaines et sociales est politique, puisqu’elle découle de la position de domination ou de soumission que le traducteur adopte à l’égard de « ses » lecteurs. Pour cet atelier, les participants sont invités à amener des exemples, tirés de leur pratique ou de celle de confrères, qui permettront de nourrir l’ébauche d’une typologie des N.d.T.

Poetik, Rhythmus, Psychoanalyse und der Diskurs des ‚infans‘. Nicolas Abraham und Jacques Lacan
Dragica Stix / Charles de Roche (Universität Zürich)
Das Atelier geht von Nicolas Abrahams Vortrag Pour une ésthetique psychanalytique, zu dem ein deutscher Übersetzungsvorschlag präsentiert wird, sowie thematisch verwandten Textausschnitten Lacans aus. Einige der Fragen und thematischen Aspekte, die uns besonders interessieren: vorsprachlicher und sprachlicher Rhythmus; die Übersetzung des Rhythmus in Gedichten (Abrahams Beispiele); der Rhythmus als „ponctuation heureuse“ (Lacan) des poetischen wie des psychoanalytischen Diskurses; Apperzeption und Appetition im Rhythmus nach Abraham; seine Theorie des Rhythmus als Wiederkehr eines infantilen Sprechens. Dazu die Diskussion konkreter Übersetzungsprobleme, die der Text Abrahams u.a. seiner mehrere Sparten (Phänomenologie, Psychoanalyse, Poetik) durchkreuzenden Terminologie wegen stellt.

Qu’est-ce qu’une traduction relevante ?
Judith Kasper (Ludwig-Maximilians-Universität München) / Michael Levine (Rutgers University) / Johannes Kleinbeck (Ludwig-Maximilians-Universität München)
Ausgehend von einem eigenen Übersetzungsvorschlag einer Passage aus Shakespeares The merchant of Venice spürt Jacques Derrida in dem gleichnamigen Vortrag dem jüdischen und christlichen Erbe nach, dem der europäische Begriff der Übersetzung heute noch immer verpflichtet ist. Vor diesem Hintergrund befragt er auch die eigentümliche Kanonisierung, die seine Übersetzung eines Hegel-Begriffs in den letzten 30 Jahren erfahren hat. Für Derrida wird sich dabei nicht zuletzt die Frage stellen, was es heißt, mit einer Signatur die Verantwortung für eine Übersetzung zu übernehmen, der ein unvorhersehbares Nachleben bestimmt ist. In dem Atelier möchten wir uns gemeinsam einer Lektüre von Derridas Vortrag und der von ihm besprochenen Shakespeare-Passage widmen.

Traduire : une solidarité
Lambert Barthélémy
(Université de Poitiers)
Cet atelier convie ses participants à réfléchir au principe, ou à la dynamique de solidarité qui entre en jeu dans l’acte de traduire. La notion de solidarité est précieuse, car elle doit permettre de penser la traduction en dehors des classiques jeux de la fidélité, de l’infériorité ou de la domination. En dehors des logiques centripètes et des diverses formes de “théologies” qui contaminent l’histoire de la traduction. Traduire comme solidarité, c’est dire à la fois le principe matériel et éthique qui anime la pratique de “la tourne” des mots.

LECTURE

Oswald Egger
Oswald Egger wurde 1963 in Lana/Südtirol geboren. Seine Prosa und Gedichte sind in mehrere Sprachen übersetzt und vielfach ausgezeichnet. Seit 2011 ist er Professor für Sprache und Gestalt an der Muthesius Kunsthochschule in Kiel. 2014 erhielt er das Villa-Massimo-Stipendium. Oswald Egger lebt auf der Raketenstation Hombroich.

CONCERT

Concert de Jazz
mardi, 23 mai 2017, 20h30, Coutances

HARRISON KENNEDY – JEAN-JACQUES MILTEAU – VINCENT SÉGAL : CROSS-BORDER BLUES
France / Canada

« Cross-border blues » est l’exploration jubilatoire des racines du blues acoustique par trois chanteurs/instrumentistes de tout premier plan.
D’un côté, Harrison Kennedy, descendant d’esclaves enfuis des plantations sudistes, sa guitare, son banjo, ses mandolines et sa voix de soul-man au service d’un blues acoustique et rustique. De l’autre, Jean-Jacques Milteau, maître es-harmonica. Au milieu, Vincent Ségal, violoncelliste « multi-cordes » ayant exploité tous les territoires, du jazz au funk, du rap au rock, de la chanson à la « musique de chambre » africaine.
Curieux des mariages sonores inédits dont leur rencontre est porteuse, les trois compères se lancent sans jamais sombrer dans la nostalgie, dans une série d’explorations jubilatoires s’appuyant sur l’univers du blues acoustique. Et ce mariage innovant, mêlant tradition et modernité, sonne non seulement beau, mais vrai. Il recèle tout simplement l’avenir de la note bleue.

http://www.jazzsouslespommiers.com/artistes_2017/cross-border-blues/

 

LURRIE BELL
Fils du célèbre joueur d’harmonica Carey Bell, Lurrie Bell a grandi entouré des plus grandes légendes du Chicago Blues : Big Walter Horton, Eddie Clearwater, et bien sûr Muddy Waters. Adolescent, il a aussi beaucoup pratiqué la musique d’église. Il est aujourd’hui repéré comme l’un des ténors du blues actuel, avec d’un côté la rugosité urbaine du chicago blues et de l’autre la profondeur du gospel et les racines rurales du Delta Blues.
Musicien sincère et généreux, il allie une voix vibrante aux ruptures surprenantes et un jeu de guitare très personnel qui en fait un des instrumentistes les plus singuliers du blues. Il fait sonner son instrument comme nul autre grâce à une technique et un feeling uniques. Entre sobriété et intensité, Lurrie Bell met sur scène son âme à nu et délivre avec ses acolytes ce qui se fait probablement de mieux à l’heure actuelle en matière de blues.

http://www.jazzsouslespommiers.com/artistes_2017/lurrie-bell/