Séance 8 : Traduction et circulation des idées dans le monde arabe

avec Mohamed Sghir Janjar, Fondation du Roi Abdul Aziz Al Saoud (Casablanca) pour les études islamiques et les sciences humaines

L’aire culturelle arabe a connu deux grands épisodes durant lesquels la traduction a constitué un enjeu majeur de civilisation. Le premier s’est déroulé entre les VIIIet Xe siècles et permis la transmission dans la culture arabe d’une grande partie de l’héritage philosophique et scientifique grec et des patrimoines hindou et persan. Il a contribué à la formation de la science et la pensée arabes classiques et préparé les conditions du transfert des savoirs des Anciens, retravaillés par des générations de savants de l’aire islamique, en Europe.

Le second épisode débute au milieu du XIXe siècle, suite au choc provoqué dans la conscience des élites arabes par la modernité européenne et la découverte de sa puissance matérielle et scientifique. La traduction s’est vite imposée comme l’un des                                                                                                                                                                                                                                                                                                       moyens stratégiques mobilisés par le mouvement intellectuel de la Nahda (Renaissance) pour s’approprier et diffuser la connaissance occidentale moderne à la veille du dépeçage de l’empire ottoman par les puissances européennes.

Cette communication se centrera sur ce dernier épisode pour montrer comment des traductions menées en particulier par les intellectuels issus des minorités arabes chrétiennes, vont non seulement renouveler la langue arabe, mais impacter durablement les grands débats et les courants de pensée qui sont toujours en compétition dans le contexte culturel et politique arabe.

La fondation du Roi Abdul-Aziz Al-Saoud produit, entre autres, de nombreuses études sur le livre et les traductions dans le monde arabe.